33) PARADOXE



























L’humanité est un nid d’étincelles
Plein de mirages comme frontières.



On se mutile, on s’autodétruit
S’infiltre de lendemains falsifiés.



J’ai pataugé dans le silence
Sur la peau fissurée des vieux livres.



Des horizons d’arc-en-ciel ont déferlé
En flux et reflux inimaginables



Les vieux soldats labourent dans la pénombre
Les oiseaux tambourinent dans le ciel
Les peuples se fécondent en aquarelle.




Les souvenirs se sont éteints
Avec les créateurs d’étoiles
Perdus dans l’immensité cosmique.



J’ai mal de ne pouvoir comprendre
Le secret des embâcles d’aimer
La débâcle des passions migratoires.



Pourquoi te le redire encore :
Tout dogmatisme de l’humanité
N’est qu’un oasis de barbelés!




Sur les visages sculptés des vieillards
La vie a gravé le piège du temps



J’ai remonté le chemin des pylônes
Jusqu'à la rivière sauvage.



Notre destin est éphémère.
Les millénaires s’égrènent inutiles
Dans l’émergence immuable du néant.



Le fœtus s’est avorté, affranchi
De la souffrance de vivre l’humanité.
A tort ou à raison, je n’en sais rien…



Imagine la glace quaternaire des pôles désertiques
Déjà pleine de morsures nucléaires
De souillures nauséabondes, indigestes.



Notre planète est l’ovule du génocide
Mais on s’en fout. On n’y croit pas.
Quelle bande de débiles! Qu’on est stupide!







L’amour, c’est la prestidigitation temporelle
De prendre le pollen des crépuscules
S’en souiller les pétales de l’aurore.



Je mangeais la mie et la croûte.
J’étais libre… J’étais jeune…



Je ne me souviens plus pourquoi, ni quand,
J’ai été robotisé dans une usine de sueurs
Je ne m’en suis évadé que trente ans plus tard!



La nuit, mes paupières survolaient le passé
Mêlé d’orages nébuleux, mélancoliques
Et de rosées cristallines d’euphorie.



Le vent se fluide mélodieux
Dans le plasma de chaque jour vécu
Pour s’abimer silencieux la nuit entre les astres.



J’ai zigzagué dans le paradoxe des pseudo-humains
Près d’une prosaïque de regards apocalyptiques
Au pays des paroles enchevêtrées.



Mes illusions ont échoué, nostalgiques
Avec une myriade d’illuminations torrentielles
Dans mon cercueil devenu machine à désintégrer