32) APATRIDE QUÉBEC

(Ce poème est dédié pour Gaston Miron et de mon fils Alexandre )


Survivre clandestin à l’inusable
Enlisement d’un peuple assimilé
Statu quo d’un homme démocratisé
Je parle de l’existence signifiée
L’émergence en dépossession du rêve
Le requiem du pays inexistant


Ma vie rafale en paroles apatrides
L’héritage d’ancêtres en cendres vécues
Neurones érodés d’espoir sans rivage
Salives brûlantes dénouées de chagrins


J’ai la nostalgie patriotique séculaire
Entremêlée d’hymne dialectique incontournable
Recréer sans agonie et avec lucidité
Sagesse et dignité d’un peuple affranchi


Nos frontières sont en siècles d’espérances
Poétisées de lumières et d’ombres vespérales
Je suis l’héréditaire en dérive océanique
Sous un ciel sidéral et diaphane.


Nous sommes le songe méprisé qui dérange
Libres et sans honte ni aliénation délirante
L’affirmation démystifiée sans empêchement
La vérité didactique en contre-révolution.


S’emmailloter dans l’aurore boréale
Du souvenir des chants d’antan
S’éventrer l’hymen natal sur le récif
Naître et renaître sans maître


S’affranchir de sa chrysalide ancestrale
S’envoler vers le rêve lumineux
En destination du futur pays magnifié