Mutant
dont la société n’a pu asservir
C’est
un vagabond inoffensif dans la ville
Préférant
le ciel faiblement étoilé de la cité
Aux
hypothèques des plafonds cathédrales lustrés
Il
erre affamé, solitaire et serein
Le
cœur gonflé d’euphorie
Et
la tête pleine de liberté
Il
n’est pas l’esclave d’une mécanique d’usine
Ni
d’un labyrinthe pour robots cravatés de prestige
Le
soleil est son réveille-matin silencieux!
C’est
un homme simple avec des habits usés
Un
vieux recueil d’Octave Crémazie
Comme
unique compagnon
S’il
a le teint blafard et livide
C’est
d’une vie d’errance et d’usure
Lorsqu’il
titube, gardez votre mépris
Il
n’est pas ivre ou débile
Il
a les pieds meurtris ou gelés
Ce
qu’il lui manque, c’est ce grand amour poétique
Celui-là
même qu’il n’a jamais oublié
Sous
les pâles lueurs de la métropole immobile
Il
s’endort esseulé
Dans
la solitude de la nuit…