15) ALCÔVE ET VOLUPTÉ


L’odeur de ses cheveux embaume
Nos corps crispés d’engourdissement.
La nuit mue dans le silence
Nos vertèbres s’échinent
En nuées d’aurores.



Je ne trouve plus son ombre
Qui  chantonne et résonne
Sur les draps éthérés d’alcôves.



Dans le brasier de nos peaux d’étincelles
On se fusionne, sublime d’atomes,
Sur un orgasme d’humus et de feuilles mortes
Où on s’éclate a bout de souffles éreintés



La bruine s’égoutte d’ennui
Sur l’indicible secret
Notre parole est introuvable
Même dans un musée de solitude.



La clarté de la lampe se brise sans éclat
Sur la surface nue de ses lèvres inoccupées
Je respire son haleine de soupirs humides
Comme un papillon nocturne sur un rêve de lumières









J’ai butiné l’argile velue inassouvie
Les narines dilatées d’un souffle suave
Avec l’enchainement du temps, du sang, des sens,
De la pensée et du regard satellisé sur son orbite







J’ai vagabondé sur les déchirures de l’extase
Dans l’ensablement de nos peaux profanées
Sur son ventre érodé
Happant la pulpe chaude échancrée
La langue arquée écumant en clapotis
La miellée magique de l’antre charnelle
Entre des  faisceaux d’arc-en-ciel








Le soleil du matin s’exaltait d’azur
Sur nos paupières alourdies de voluptés
Comme une douce mélancolie d’aimer

Nous deux, enlacés dans un sommeil de tendresse.