Si le monde a une fin, elle ne peut
être qu’apocalyptique.
Cependant, c’est trop
facile d’être fataliste.
Quelles seraient alors les
solutions a notre survie ? …
RESCAPÉ DU SILENCE
Sur
l’écume opaque d’une voûte étoilée
Aussi
vaste que les méandres galactiques
Je
planais sur les fibres diaphanes
D’un
univers en propulsion perpétuelle.
J’étais
magnétisé dans un sommeil télépathique
Sous
l’emprise des lunes néons
Au
travers les bourrasques d’une pluie vespérale
Entremêlée
de cristaux d’astéroïdes
Dans le
mirage d’un système stellaire insolite.
Mon
spationef survolait les crépuscules incessants
Lorsqu’un
vacarme assourdissant explosait éraillé
Au
loin dans le gouffre de l’entonnoir du siphon
D’un
énorme trou noir qui aspirait gloutonnement
Les
atmosphères vaporeuses des planètes dénudées
Pour
ensuite les englober entre les rayures
Des
ondes lumineuses en symétriades.
Mon
éden fœtal s’autodétruisait dans l’utérus irradié
D’une
odyssée apocalyptique infiltrée de sphères détruites.
Mon
être s’est désintégré dans un abime constellé
Émergeant
diffus en exaltation parapsychologique
Entre
les brumes subgalactiques qui se transludaient
En des
hallucinations indicibles.
J’étais
en orbite sur un rêve intemporel
Au-delà
des faisceaux de lumière qui dansaient
Sur un
soleil fauve d’hypnose
Et
dans les débris d’un brouillard si dense
Qu’il
se striait de sillons incolores.
J’ai
avorté clandestin dans les décombres des siècles.
Des
étoiles palpitaient dans les spirales d’azur
D’autres
devenaient des planètes nées des néants
Précurseur
inédit d’univers providentiels
Autrefois
lieux lointains inaccessibles.
Mon
destin décripté, la tête en transe
Entre
mes mains immobiles et moites,
J’étais
recroquevillé dans une existence immuable
Comme
une colombe depenaillée d’idéalisme
Et
immunisée des corolles nucléaires hystériques.
Des
nuées d’étincelles flambaient dans le ciel
Le
vent s’ébruitait subliminal sur le silence.
Je me
suis éveillé sous une pléiade de paroles
Des
inquisiteurs interplanétaires m’observaient
Paisiblement
et avec une étrange curiosité.
Leurs
yeux brillaient d’un humanisme précieux
Leurs
lèvres, prédatrices d’amour et d’amitié
Semblaient
inaltérables de joie de vivre.
Une
vie nouvelle brisait l’hymen du cosmos.
Sur
cette planète on réapprenait la liberté
Ainsi
qu’a réinventer l’utopie terrestre.
Plusieurs
contrées étaient redevenues viables
Avec
des pâturages a photosynthèse
Qui créaient
un monde expansionniste.
Les
conquérants du pouvoir furent exterminés.
Ce
peuple autochtone d’étoiles
N’avait
que peu de ressources naturelles
Ni la
capacité de se mutiler davantage
Par
une industrialisation nocive.
Aucune
tradition nationaliste n’existait.
La
mortalité déstabilisait en zone aride
Toute
alternative de survivance des populations.
Aucune
destruction démographique dégradante
On
recyclait les civilisations en mutation!
Par-ci,
par- la s’exhumaient des ruines archéologiques
Des
vertèbres, des ossements et des cranes atrophiés
Parmi
les vestiges d’un génocide indélébile
Catacombe
écologique d’un passé insensé!
La
désertification avait cessé avec la déforestation.
La
surexploitation des écosystèmes en péril
Fut
abolie par la démocratisation de l’environnement.
Les
terres éventrées jusqu’au rocher stérile
Les
réserves d’eau souterraines en pétrification
La
contamination des eaux de surface pestiférées
La
surpopulation des peuples devenus rachitiques
Tout
devenait synthèse a l’hégémonie d’une ère de sagacité.
Le
déclin de ce monde fut endigué
Par la
charte des droits civils a l’air et a l’eau purifiés.
La
destruction des armements fut leur dernière révolution.
Les
hommes et les femmes se fusionnaient par tendresse
Et
procréaient au nom de l’humanité
Le
rêve et les religions s’étaient périmés de tout dogmatisme
Seul
l’idéalisme de la survie émanait du quotidien
Postulat
a une vie posthistorique
Depuis
les antipodes de la pensée et de la sagesse
Jusqu'à
l’épanouissement d’une existence optimale.
Pourquoi
n’en fut-il pas ainsi?
Sur la
planète terre
Devenue
pays de monuments et d’ombres métaphysiques
Dont le
murmure avait jadis sombré
Englouti
dans la pénombre de l’univers…
J’avais
malgré tout, aimé
Cette humanité disparue.