4) RESCAPÉ DU SILENCE

              

Si le monde a une fin, elle ne peut être qu’apocalyptique.
        Cependant, c’est trop facile d’être fataliste.
   Quelles seraient alors les solutions a notre survie ? …








                                       RESCAPÉ DU SILENCE





Sur l’écume opaque d’une voûte étoilée
Aussi vaste que les méandres galactiques
Je planais sur les fibres diaphanes
D’un univers en propulsion perpétuelle.



J’étais magnétisé dans un sommeil télépathique
Sous l’emprise des lunes néons
Au travers les bourrasques d’une pluie vespérale
Entremêlée de cristaux d’astéroïdes
Dans le mirage d’un système stellaire insolite.



Mon spationef survolait les crépuscules incessants
Lorsqu’un vacarme assourdissant explosait éraillé
Au loin dans le gouffre de l’entonnoir du siphon
D’un énorme trou noir qui aspirait gloutonnement
Les atmosphères vaporeuses des planètes dénudées
Pour ensuite les englober entre les rayures
Des ondes lumineuses en symétriades.



Mon éden fœtal s’autodétruisait dans l’utérus irradié
D’une odyssée apocalyptique infiltrée de sphères détruites.



Mon être s’est désintégré dans un abime constellé
Émergeant diffus en exaltation parapsychologique
Entre les brumes subgalactiques qui se transludaient
En des hallucinations indicibles.


J’étais en orbite sur un rêve intemporel
Au-delà des faisceaux de lumière qui dansaient
Sur un soleil fauve d’hypnose
Et dans les débris d’un brouillard si dense
Qu’il se striait de sillons incolores.



J’ai avorté clandestin dans les décombres des siècles.



Des étoiles palpitaient dans les spirales d’azur
D’autres devenaient des planètes nées des néants
Précurseur inédit d’univers providentiels
Autrefois lieux lointains inaccessibles.



Mon destin décripté, la tête en  transe
Entre mes mains immobiles et moites,
J’étais recroquevillé dans une existence immuable
Comme une colombe depenaillée d’idéalisme
Et immunisée des corolles nucléaires hystériques.



Des nuées d’étincelles flambaient dans le ciel
Le vent s’ébruitait subliminal sur le silence.



Je me suis éveillé sous une pléiade de paroles
Des inquisiteurs interplanétaires m’observaient
Paisiblement et avec une étrange curiosité.
Leurs yeux brillaient d’un humanisme précieux
Leurs lèvres, prédatrices d’amour et d’amitié
Semblaient inaltérables de joie de vivre.



Une vie nouvelle brisait l’hymen du cosmos.
Sur cette planète on réapprenait la liberté
Ainsi qu’a réinventer l’utopie terrestre.
Plusieurs contrées étaient redevenues viables
Avec des pâturages a photosynthèse
Qui créaient un monde expansionniste.


Les conquérants du pouvoir furent exterminés.



Ce peuple autochtone d’étoiles
N’avait que peu de ressources naturelles
Ni la capacité de se mutiler davantage
Par une industrialisation nocive.
Aucune tradition nationaliste n’existait.
La mortalité déstabilisait en zone aride
Toute alternative de survivance des populations.



Aucune destruction démographique dégradante
On recyclait les civilisations en mutation!



Par-ci, par- la s’exhumaient des ruines archéologiques
Des vertèbres, des ossements et des cranes atrophiés
Parmi les vestiges d’un génocide indélébile
Catacombe écologique d’un passé insensé!



La désertification avait cessé avec la déforestation.
La surexploitation des écosystèmes en péril
Fut abolie par la démocratisation de l’environnement.



Les terres éventrées jusqu’au rocher stérile
Les réserves d’eau souterraines en pétrification
La contamination des eaux de surface pestiférées
La surpopulation des peuples devenus rachitiques
Tout devenait synthèse a l’hégémonie d’une ère de sagacité.



Le déclin de ce monde fut endigué
Par la charte des droits civils a l’air et a l’eau purifiés.
La destruction des armements fut leur dernière révolution.



Les hommes et les femmes se fusionnaient par tendresse
Et procréaient au nom de l’humanité
Le rêve et les religions s’étaient périmés de tout dogmatisme
Seul l’idéalisme de la survie émanait du quotidien
Postulat a une vie posthistorique
Depuis les antipodes de la pensée et de la sagesse
Jusqu'à l’épanouissement d’une existence optimale.



Pourquoi n’en fut-il pas ainsi?
Sur la planète terre
Devenue pays de monuments et d’ombres métaphysiques
Dont le murmure avait jadis sombré
Englouti dans la pénombre de l’univers…




J’avais malgré tout, aimé
                         Cette humanité disparue.