30) BONSAÏ



Au moment des murmures
Et des lueurs chimériques
S’irrigant du crépuscule lugubre
Ces petits arbres vieillots et miniaturisés
A la stature rachitique mais robuste
M’enlisent d’une douceur champêtre insatiable
Loin de la démesure humaine et fébrile
De la rapacité de l’homme avide.





Leur écorce en lambeaux vétustes
S’effrite jusqu’aux racines massives
Comme sur les ruines des catacombes funèbres
Défiant sans relâche l’embargo des civilisations.





Des prémices empourprées de l’automne
Leur cime meurtrie s’effeuille
Au paradoxe de nos rêves alluvionnaires.




Captif de leur corpuscule solitude
A l’abri d’un monde désamorcé
Du temps de jadis
Où j’errais libre en forêt.