Dans
d’immenses valons aux lisières verdoyantes
Coulent
les reflets du matin encore humide.
Des
lambeaux de linceuls d’un gris spectral
Survolent
ces terres forgées par d’honnêtes paysans.
Là-bas
se trouve un sentier aux couleurs de bonheur
Près
duquel de paisible ouvriers sur la pièce rebelle
Rabattent
la faux avec une cadence joyeuse.
Au
loin, j’aperçois un noble chevalier solitaire
Qui,
sur son coursier a la crinière légère
Que le
vent sans cesse déplace et repeigne
Pour
la première fois chevauche ce lieu.
Il va
dans son armure scintillante que cire l’aube
La
plume royale de couleur étrangère et inconnue
Qui
s’incline au passage discret du vent.
Le
regard sans peur de l’homme de fer valeureux
Scrute
la rocaille de l’interminable chemin.
Comme
il semble brave, beau et fort
Cet
étrange personnage masqué, recouvert de durs métaux.
Sa
démarche lourde et lente, mais habile et certaine
Porte
un bouclier bleu azur, teinte d’aurore.
La
mystérieuse épée luisante, construite de savantes magies
Est
plus meurtrière que la tempête et le cyclone.
Soudain,
un espoir luit dans ses yeux guerriers
Il
aperçoit a l’au-delà entre deux collines émergeant
De
gracieuses tourelles qui s’étalent a l’horizon.
Il
commande a la bête soumise le trot
Vers
cet immense château d’un seigneur ou d’un roi.
La
joie s’empare de son cœur solidaire
Qui
chantonne, chante tout haut sa romance sanglante
Celle
de ses aventures merveilleuses dont il fut vainqueur.
Ah.
Quel preux aventurier qui explore nos champs
Vers
la herse grinçante qui déjà, s’ouvre impatiente.
Le
pont levis se baisse lentement a l’approche.
La
trompette solonelle gémit sa joie enrouée.
Déjà,
les nobles et leurs suites sur la place
publique
Agitent
les bras drapés de couleurs gaies.
Le
roi, là-haut dans sa chambre aux tissus rares et riches,
Retrousse
sa rousse barbe, indifférente a sa toute puissante royauté.
Tandis
que s’organise un festin inoubliable,
Le fou
de sa royale bien-aimée
Quelques
troubadours et des acrobates élastiques
Dans
la grande salle des arts prévoient leurs prestiges.
L’euphorie
s’empare des gens du roi
Qui
l’accueille en son nom, malgré cela, modestement.
Il
demande le repos de la nuit
Avant
le soir mouvementé qui arrive a grands pas.
Il se
retire, las, épuisé, a la chambre d’honneur.
Libéré
de ses lourds habits
Il
s’écroule terrassé par la faim, l’épuisement
Jusqu'à
l’instant de sa renommé glorieuse.
Vêtu
de somptueux vêtements, il pénètre dans la pièce des réjouissances.
Il
exécute les politesses dues
Avant
de dévorer la mie tant attendue.
Mais
le vin s’écoule en lui
Et
voilà, que sous les regards inquiets, suspendus,
Des
mains et des voix, émus se paralysent
Au
récit du péril inconnu qu’il a vaincu.
Oh. Le
superbe, certains s’écrient…
Au
matin, il reprend la route
Aux
regrets de son assistance bouleversée
Lui,
le chevalier errant…