Qui se
souvient encore aujourd’hui d’Auschwitz?
Ce
cirque meurtrier avec ses dompteurs de destins
Ce
camp de la mort et de la torture démentielle…
Que
sont devenues les plaintes et les pleurs enfumés
De ces
hommes déshumanisés et anéantis
Dont
le trépas ne fut qu’une délivrance d’atrocités
Dans
les fours crématoires aux cheminées rectangulaires?
Combien
de chagrins inguérissables pour les rares survivants
Parmi
plus de six millions de cadavres immondes
Dans
la déchéance de l’holocauste?
Conscience
rongée, cris affreux dans l’écho de la mémoire,
Souffrance
de vivre soudée aux plaies innombrables.
Même
la boue gluante était souillée du sang
Et des
cendres d’hommes, de femmes et d’enfants innocents.
La
liberté dénaturait en un cauchemar diabolique :
Oublier
aujourd’hui pour ne pas penser a demain
Hier
c’était quand, pour eux, séquestrés et décharnés?
Neustadt,
Malchow, Auschwitz et où encore,
C’était
l’enfer humain, la fureur d’haïr des hommes!
Les
cheveux tondus sur des cranes devenant dénudés
Servaient
de feutres industriels utilitaires;
Parfois
même leur peau meurtrie et tannée
Devenait
des abat-jour, souvenirs macabres de guerre.
Combien
de cortèges funèbres vers la chambre a gaz
Mêlés
aux hurlements nerveux pressentant la mort?
Que
dire de ces tortionnaires inhumains et abêtis
Et
d’eux squelettiques, presque momifiés vivants?
Qui de
nous, d’une époque déjà si lointaine,
Pourrait
sécher leurs larmes arides sous des paupières usées
Et
panser les blessures indélébiles de leur destin?
Gens
de ce siècle et de demain,
L’aviez-vous
oublié?
C’était
au temps de l’humanité bafouée,
Lorsque
l’espoir impossible était de survivre
Pour
revivre ce jour, où refleurirait la liberté…