19) LUMIÈRE DES TÉNÈBRES



Qui se souvient encore aujourd’hui d’Auschwitz?
Ce cirque meurtrier avec ses dompteurs de destins
Ce camp de la mort et de la torture démentielle…




Que sont devenues les plaintes et les pleurs enfumés
De ces hommes déshumanisés et anéantis
Dont le trépas ne fut qu’une délivrance d’atrocités
Dans les fours crématoires aux cheminées rectangulaires?




Combien de chagrins inguérissables pour les rares survivants
Parmi plus de six millions de cadavres immondes
Dans la déchéance de l’holocauste?




Conscience rongée, cris affreux dans l’écho de la mémoire,
Souffrance de vivre soudée aux plaies innombrables.
Même la boue gluante était souillée du sang
Et des cendres d’hommes, de femmes et d’enfants innocents.




La liberté dénaturait en un cauchemar diabolique :
Oublier aujourd’hui pour ne pas penser a demain
Hier c’était quand, pour eux, séquestrés et décharnés?






Dresden, Brejenski, Ravenshuck, Birkenau, Leipzig,
Neustadt, Malchow, Auschwitz et où encore,
C’était l’enfer humain, la fureur d’haïr des hommes!




Les cheveux tondus sur des cranes devenant dénudés
Servaient de feutres industriels utilitaires;
Parfois même leur peau meurtrie et tannée
Devenait des abat-jour, souvenirs macabres de guerre.




Combien de cortèges funèbres vers la chambre a gaz
Mêlés aux hurlements nerveux pressentant la mort?
Que dire de ces tortionnaires inhumains et abêtis
Et d’eux squelettiques, presque momifiés vivants?




Qui de nous, d’une époque déjà si lointaine,
Pourrait sécher leurs larmes arides sous des paupières usées
Et panser les blessures indélébiles de leur destin?





Gens de ce siècle et de demain,
L’aviez-vous oublié?
C’était au temps de l’humanité bafouée,
Lorsque l’espoir impossible était de survivre
Pour revivre ce jour, où refleurirait la liberté…